Henry VIII, jeune roi plein d'ambition, prend le trône d'angleterre. C'est un regne plein d'intrigues qui se prépare.
 
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Indignatio Principis Mors Est [Libre]

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Thomas Cromwell

MESSAGES : 381
DATE D'INSCRIPTION : 10/05/2011
LOCALISATION : Whitehall Palace
HUMEUR : Préoccupé

MessageSujet: Indignatio Principis Mors Est [Libre] Lun 27 Juin - 19:57



    La terrible Tour de Londres... Édifice de disgrâce où sont conduits les scélérats qui veulent du mal à l'Angleterre et à Sa Majesté le Roi Henry VIII. Le silence morbide des sombres couloirs de la tour était habituellement rompu par les complaintes des prisonniers, mais le seul bruit que l'on pouvait entendre en ce moment étaient les pas lourds du geôlier, dont le visage disgracieux était partiellement éclairé par les torches pendues aux murs de pierre . Un lourd trousseau de clefs rouillées à la main, il s'arrêta devant une petite porte. Le geôlier ouvrit une trappe afin de s'assurer qu'il venait quérir la bonne personne. Satisfait, il referma sèchement la trappe en émettant un son similaire à un rire. Il n'y avait d'ailleurs que le geôlier pour rire dans une prison, ou les fous. Fou, il y aurait de quoi le devenir rapidement avec des conditions de vie aussi misérables : bercé par le froid, torturés mentalement par le manque de nourriture et de sommeil, mutilés physiquement par de longs interrogatoires, les pauvres diables enfermés entre ces murs ne recevaient aucun traitement de faveur.
    Mais revenons à notre geôlier, qui avait, entre temps, ouvert la porte et ordonné à deux gardes d'escorter le prisonnier jusqu'en salle d'interrogatoire. Le pauvre homme ne portait plus que des guenilles, lambeaux de ses beaux vêtements d'autrefois, rongés par les rats et la crasse. Ses joues creusées et son air fatigué semblaient indiquer qu'il était captif depuis plusieurs semaines, sans compter les nombreuses contusions suintantes qui recouvraient son visage... Abattu, l'homme tomba à genoux, implorant la pitié du gardien de la Tour, qui ne sourcilla point. Il se contenta de faire signe aux gardes de saisir cet individu, puisque ses jambes semblaient trop faibles pour le maintenir debout, tel un homme digne. Les deux gardes se postèrent de chaque côté de l'homme et le saisirent au niveau des aisselles afin de l'aider à se redresser. Puis, raclant le sol de ses pieds nus, le prisonnier marcha péniblement jusqu'à la porte, passant sous le regard dépourvu de compassion et de pitié. Le prisonnier, résigné, baissa la tête et continua sa lente marche en direction d'une autre salle, la salle de torture. Le geôlier regarda l'homme s'éloigner, en se demandant si cette cellule sera bientôt libre, puis émit un toussotement sonore avant de refermer brutalement la porte.


    Le voyage entre les salle se passa sans encombre : le prisonnier n'avait plus la force de se battre. La salle de torture était ouverte, et un mince halo de lumière s'en échappait. Les gardes poussèrent l'homme, qui avait soudainement décidé de prendre son temps avant d'entrer, qui chancela et tomba sur le sol froid et moite des couloirs de la Tour. Agacés, les gardent relevèrent l'individu, qui respirait maintenant avec difficulté, probablement parce qu'il prenait peu à peu connaissance de son destin. Les gardent le portèrent dans la salle et l'assirent sur une chaise en bois, qui était au milieu de la pièce, juste devant la table de torture. Paniqué, l'homme jeta des regards désespérés dans toutes les directions, jusqu'à ce qu'il remarque la présence d'un homme vêtu de noir qui lui tournait le dos, appuyé contre les barreaux de la fenêtre qui donnait sur Londres. Ce dernier se retourna et toisa le prisonnier d'un air grave.


    Mai...Maître Cromwell ?

    Le prisonnier tenta de se relever, mais un des gardes lui tenait fermement les épaules, tandis que l'autre lui attachait les bras aux accoudoirs de sa chaise. Le Secrétaire se rapprocha calmement du prisonnier, lui jetant un regard dénué de pitié.Cromwell porta sa main à sa poche et en extirpa une lettre. Il la déplia et la tint à bout de bras devant le visage du prisonnier. Thomas lui laissa le temps d'inspecter le document, il se lécha la lèvre inférieure en fronçant les sourcils. Il la ramena à lui soudainement et la fixa, avant de prendre une longue inspiration.

    « Lord Harrington... Voici une lettre que mes agents ont intercepté. L'auteur y fulmine contre la politique du Roi et remet en cause sa souveraineté. Niez vous avoir écrit cette lettre, Lord Harrington ? »

    Lord Harrington jeta un regard aux gardes, puis recentra son attention sur le Secrétaire, qui le fixait intensément.

    Je le nie... Encore, Votre Honneur.

    Cromwell secoua la tête, d'un air désapprobateur. Il fit un signe de la main au plus jeune des deux gardes qui se redressa et se planta devant Harrington, ignorant son regard suplicateur et le frappa avec force au visage. Le prisonnier encaissa le choc difficilement. S'il n'avait pas été attaché, Harrington serait à coup sur au sol à cet instant précis. Au bout de quelques secondes, il se redressa et leva les yeux vers Cromwell. Du sang s'écoulait déjà de son nez et venait s'échouer sur sa chemise crasseuse, déjà couverte de tâches de sang. L'homme respirait avec difficulté et avait du mal à garder les yeux ouverts. Thomas soupira et se rapprocha de Lord Harrington, les mains dans le dos, resserrées sur la lettre.

    « Cela fait déjà plusieurs jours que cela dure... N'êtes vous donc pas fatigué ? Pour la dernière fois Lord Harrington, niez-vous avoir écrit cette lettre ? Je vous en supplie, je ne demande que la vérité, vous pouvez faire cesser tout ça. Dites moi la vérité.»

    Lord Harrington éclata en sanglots, ce qui agaça Cromwell. Ce dernier fit la moue et fronça les sourcils de plus belle. A vrai dire, Thomas n'aimait pas les interrogatoires. Durant ces moments où il devait forcer des traîtres à parler avec la violence, il se dégoutait lui même et craignant pour la sauvegarde de son âme. Excédé, il parla d'un ton beaucoup plus ferme et beaucoup plus menaçant.

    « Vous n'oseriez même pas penser aux supplices que je vous réserve, même dans vos rêves les plus sombres, alors parlez. Dites moi la vérité.»

    Lord Harrington resta muet. Il pleurait maintenant comme une fontaine et poussait de longues plaintes. A bout de patience, Thomas secoua la tête avec énergie et se rua sur le prisonnier. Le secrétaire, qui gardait habituellement son calme dans toutes les situations, saisit le col de la chemise du Lord et le tira violemment vers lui. Le visage déformé par la rage, Cromwell essayait de se retenir de le tuer de ses mains. A la place, il sera de toutes ses forces le col du prisonnier et le fixa quelques instants, pour l'intimider, lui montrer qu'il n'avait d'autres choix que de passer à la torture s'il ne parlait pas immédiatement. Dans un geste de colère, il repoussa avec force le prisonnier contre le dossier de sa chaise et se mit à crier.

    « PARLEEEEZ !»

    Le Secrétaire lâcha les vêtements de Lord Harrington et le fixa longuement avant de secouer à nouveau sa tête, écoeuré d'avoir à en arriver à de tels actes de barbarie. Jetant un regard dégoûté aux gardes, il leur fit signe de l'étendre sur la table. Les deux hommes s'exécutèrent et détachèrent le vieux Lord, qui commença à pousser des cris de panique. Pendant que les gardes changeaient le prisonnier de place, Cromwell se retourna et baissa la tête. Il ferma les yeux, souhaitant comme toujours ne plus jamais avoir à faire cela, et porta ses mains à son front, comme pour implorer le pardon de Dieu. Comment un homme tel que lui pouvait espérer aller au paradis après avoir commis de tels gestes sur un autre être humain ? Thomas respira à son tour profondément, comme pour se regrouper avant d'entamer une séance de torture assurément aussi douloureuse pour lui que pour le supplicié.


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