Henry VIII, jeune roi plein d'ambition, prend le trône d'angleterre. C'est un regne plein d'intrigues qui se prépare.
 
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Le Symbole de l'Amour [Henry]

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Catherine d'Aragon

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MessageSujet: Le Symbole de l'Amour [Henry] Mar 21 Juin - 14:57


Savez-vous ce qu'était un "symbole", à l'origine ? Imaginez qu'un tel (un homme très riche et fort influent, donc trop occupé pour régler certaines affaires) ait besoin d'obtenir certaines informations d'un tel autre (également un homme fort occupé et fort riche). Les deux hommes veulent envoyer un de leurs serviteurs au point de rendez-vous. Mais comment les deux serviteurs vont-ils pouvoir se reconnaître ? Car les informations qu'ils doivent transmettre sont capitales, secrètes, et ne doivent être dévolées à personne d'autre. Alors, leurs maîtres leur donnent à chacun un morceau de terre cuite brisé. Les deux serviteurs emportent leur morceau au point de rendez-vous, et, lorsqu'ils voient un homme qui leur semble éventuellement être le serviteur de l'autre maître, ils sortent leurs morceaux de terre cuite brisé respectifs, et approchent les deux morceaux l'un de l'autre. Si les deux morceaux une fois rassemblés forment un tout unifié, c'est qu'ils sont bien face à la bonne personne. C'était cela, un symbole. Les deux morceaux assemblés étaient la preuve formelle que les deux serviteurs avaient trouvé la bonne personne.

Les valets et autres domestiques qu’ils croisèrent dans les couloirs du château n’eurent de cesse d’échanger des regards muets de surprise, en voyant passer le couple royal. Catherine et Henry s’étaient visiblement réconciliés. La question était : « Pour combien de temps ? ». Mais cette question n’avait pas d’importance, ce soir. Ils venaient de sortir de la Chapelle, avaient traversé la cour sous une pluie battante, et se retrouvaient à présent quelque peu dégoulinants dans les couloirs. Mais ils arboraient tout deux ce sourire content, un sourire d’enfant satisfait d’avoir sauté à pieds joints dans les flaques. Catherine avait horreur de la pluie, mais ce soir, rentrer toute mouillée ne l’ennuyait guère, car rien ne pourrait gâter sa bonne humeur. Elle se sentait plus jeune, elle se sentait plus forte. Elle était pleine d’espoirs. Henry l’avait embrassée, dans la Chapelle, et ils étaient restés enlacés quelques instants, comme profitant d’un moment de calme et de tendresse pour la première fois depuis des semaines.

Ils entrèrent dans les appartements privés de la Reine. Celle-ci ayant demandé à ses dames d’honneur de la quitter avant qu’elle aille en prières, ils trouvèrent sa chambre vide. Tant mieux, me direz-vous. Catherine n’avait aucune envie d’entendre ses dames de compagnie chuchoter entre elles pour déterminer la cause de la bonne humeur et de la complicité soudaine du couple royal. Elle trouvait ces femmes insupportables, d’autant que trois d’entre elles –Evangeline Chapuys, Mary Howard, et cette gueuse d’Anne Boleyn- étaient susceptibles d’être ou de devenir les maîtresses du Roi. Elle les avait prises à son service pour pouvoir les surveiller, à dire vrai. Quoique Anne Boleyn lui avait été imposée par son époux (si tel n’avait pas été le cas, elle ne l’aurait jamais prise comme dame de compagnie, car elle n’était normalement pas d’un rang assez élevé pour mériter une telle distinction). Quant à Evangeline, la Reine ne la haïssait pas réellement, mais elle se méfiait d’elle au plus haut point. Et quelle femme ayant un mari tel que l’ambassadeur Chapuys (un homme d’une loyauté et d’une bonté sans borne) pourrait envier l’époux d’une autre ? Et pour finir, Mary Howard, elle, était la plus discrète des trois, mais certainement pas la moins dangereuse. La Reine ne comprenait pas réellement à quel jeu elle jouait avec le Roi mais elle devenait folle de rage à chaque fois que celui-ci adressait la parole à cette… cette enfant impertinente.
Quoiqu’il en soit, pour le moment, il était hors de question de penser à ces trois démons en robes longues. Catherine ne pensait qu’à passer une agréable fin de soirée avec son époux bien-aimé.
C A T H E R I N E – « Que souhaitez-vous faire, Henry ? », demanda-t-elle de sa voix douce en regardant son époux avec tendresse.

Elle songea que, s’ils ne voulaient pas attraper froid, ils feraient mieux de se sécher un peu et de retirer leurs manteaux qui scintillaient à cause des nombreuses gouttes de pluie qui les parsemaient. Elle tendit une serviette propre à Henry et se débarrassa elle-même de son manteau, découvrant sa très belle robe de soie pourpre à rubans de velours noir, avant d’entreprendre de détacher son chignon pour pouvoir sécher un peu ses cheveux. Elle se demandait avec un peu d’appréhension si Henry allait rester d’aussi bonne humeur, s’il accepterait de discuter un peu avec elle, ou encore (chose presque inespérée) s’il dormirait à ses côtés cette nuit. Elle l’observait dans le miroir face à elle, tout en défaisant ses cheveux nattés, avec un air à la fois ravi et curieux. Elle le trouvait plus beau que jamais. Mais ce dont elle n’avait absolument pas conscience, c’est qu’elle aussi était très belle, ce soir, une fois départie de ses grands airs de dame intouchable. Elle avait toujours ce regard plein de bonté et de compassion, mais elle avait simplement l’air plus humaine, moins céleste, peut-être. Elle se souvenait maintenant que, si le peuple l’aimait, c’est parce qu’elle était plus qu’une simple Reine avec une figure de marbre : bien au contraire, elle s’était toujours montrée disons accessible, elle était en fait l’incarnation de la féminité, à la fois douce et fidèle, courageuse et raisonnable. C’est pour cela qu’on l’avait tant appréciée en tant que Reine, et c’est pour ces qualités qu’Henry avait été amoureux d’elle pendant de nombreuses années. Les déceptions et les désillusions l’avaient faite se replier sur elle-même, elle était devenue plus rigide, plus intransigeante. Mais, ce soir, elle retrouvait avec plaisir celle qu’elle était il n’y a pas si longtemps. Elle était tout simplement moins sur la défensive.
Elle se tourna vers Henry, les yeux brillants, un sourire à la fois posé et bienveillant courant sur ses lèvres en forme de cœur. Elle n’attendait que ses ordres, elle voulait satisfaire la moindre de ses envies, parce qu’après tout il avait promis de faire des efforts pour être un bon époux, si elle redevenait la femme pour qui il avait eu tant d’estime et d’affection. Au dehors, l’orage grondait, et des éclairs striaient le ciel obscur, mais à présent, cette rage céleste n’arrivait pas à couvrir le bruit précipité des battements de cœur de la Reine.

N'était-ce pas un symbole ? Le Roi et la Reine une fois réunis n'allaient-ils pas bien ensemble ? N'étaient-ils pas chacun un morceau d'un tout ? Et le fait qu'ils soient ce soir rassemblés dans cette pièce, dans cette chambre, n'était-ce pas la preuve qu'ils étaient faits l'un pour l'autre ? Peu importe la distance qui les avait séparés, ce soir, ils avaient retrouvé leur moitié perdue.
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Henry Tudor
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MessageSujet: Re: Le Symbole de l'Amour [Henry] Mer 22 Juin - 19:50

    Le roi et la Reine d’Angleterre venaient de passer d’un pas rapide la cour qu’ils étaient obligés de traverser pour rejoindre l’autre extrémité du château. Car oui, la Chapelle était un lieu isolé et il fallait faire de nombreux pas dans la cour externe du château de Whitehall Palace afin de la quitter.
    Sa majesté maudisse un instant le temps car les deux amants sortirent à un moment pas très judicieux ; en effet, la pluie tombait fortement et des trombes d’eau s’abattirent sur le couple royal. Des flaques d’eau jonchaient la cour externe et Henry et Catherine durent accélérer leur allure afin de quitter a plus vite ce champ de bataille.
    Toutefois, malgré ce temps cataclysmique, les deux mariés affichaient un petit sourire amusé et enfantins. Il était rare de voir le couple royal aussi complice et dans un esprit si léger.

    Henry fut heureux de quitter enfin cette chapelle qui ne lui inspirait pas vraiment confiance. Ce lieu lugubre et sinistre ne plaisir guère au souverain qui n’arrivait pas à comprendre pourquoi son épouse y trouvait autant de réconfort et y passait autant de temps ? Trouvait-elle des réponses à ses questions ? A qui s’adressait-elle vraiment ? Le roi l’ignorait, mais il n’avait nullement l’intention de questionner lady Catherine ; non, il n’avait pas envie d’avoir une réponse passionnée et interminable de la Reine. C’est pour cette raison qu’il évita soigneusement le sujet.
    Oui, Henry n’avait pas envie de se compliquer la vie et avait bel et bien l’intention de profiter de l’instant présent. Car, actuellement, la relation qui unissait les deux amants, semblait plus solide et complice que jamais elle n’avait été depuis plusieurs mois déjà.

    Bien que le souverain semblait heureux de cette visible capitulation de la reine, Henry fut heureux de ne croiser personne dans les couloirs qui menaient aux appartements privés de la Reine. Il n’avait guère envie qu’on les aperçoit si soudainement proche et amoureux.
    Non, il était connu que l’humeur du Roi était très changeant et que ce dernier était extrêmement lunatique ; qui sait, peut-être que le lendemain, Henry allait-il ignorer royalement son épouse ? Peut-être allait-il la blâmer ? L’expulser ? Personne ne pouvait s’imaginer quelle serait l’humeur du roi les jours à venir. Ainsi donc, le souverain fut satisfait de ne rencontrer aucune mauvaise langue dans les couloirs de Whitehall palace ; car ainsi, aucune rumeur ne naitra, ni faux-espoirs ou complots…

    Arrivée aux appartements privés de la reine, le roi laissa passer galamment son épouse dans son antre personnelle. Mais soudain, Henry fut légèrement mal à l’aise ; avant qu’il ne daigne entrer, le roi espéra de tout cœur qu’aucune dame de compagnie de la Reine ne s’y trouve !
    Il pria donc intérieurement que les suivantes de lady Catherine ne se trouvent pas dans ses appartements ; en effet, comment réagirait-il s’il croisait le regard d’une de ses maitresses, et notamment celui d’une certaine Anne Boleyn ?
    Sa Majesté espéra donc ne pas croiser leurs regards plein de sous-entendu et fut heureux de finalement constater que la chambre de la reine était déserte ; totalement déserte !
    Henry entra donc finalement dans les appartements de son épouse avec un soupire de soulagement, et ferma la porte derrière lui. Il fit quelques pas sur le sol maintenant humidifié par la pluie qui coulait de leurs vêtements, et se dirigea machinalement vers une des fenêtres de la chambre.

    Le souverain s’adossa contre la fenêtre et regarda fixement son épouse. Ses yeux, amplis de désir et pétillant de plaisir, dévisageait de bas en haut la silhouette de lady Catherine. Il fut toutefois soudainement sortit de sa contemplation, lorsque la Reine lui tendit une serviette pour qu’il puisse se sécher. Henry la saisit et commença à essuyer énergiquement son visage.
    La voix de la reine parvint alors à ses oreilles pendant que le souverain continuait à se sécher grossièrement «Que souhaitez-vous faire, Henry ? » . Le roi fut très surprit de cette demande venant de la part de lady Catherine. Il la regarda d’un œil malicieux, mais resta silencieux.

    Le roi se contentait d’observer attentivement sa femme. Cette dernière était face à un miroir et venait d’ôter son manteau en dévoilant ainsi une robe noire magnifique ; elle détacha également ses cheveux couleur de la nuit. Sa Majesté ne lâchait pas du regard son épouse qu’il trouvait plus désirable que jamais.
    Tout en l’admirant en silence par l’intermédiaire du miroir qui reflétait sa silhouette féminine, Henry quitta son manteau humide et le jeta sur le dossier d’une chaise. Il se rapprocha doucement de lady Catherine. Tout en effectuant quelques petits pas en sa direction, il quitta également sa chemise humide, révélant ainsi son torse légèrement transpirant mais parfaitement entretenu…
    Restant toujours silencieux, le roi d’Angleterre se rapprocha de sa reine et se retrouva à quelques centimètres de son dos. Son regard toujours rivé sur le miroir, il posa délicatement une de ses mains sur la nuque de la reine et parcouru son cou doucement, en caressant tendrement sa chevelure humide mais brillante…



    « -Vous êtes plus ravissante que jamais, Ma dame… »

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Catherine d'Aragon

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MessageSujet: Re: Le Symbole de l'Amour [Henry] Lun 4 Juil - 17:45

Spoiler:
 


Le monde extérieur n’avait pour le moment aucune importance aux yeux de Catherine. C’est comme s’il n’y avait plus rien, passé la porte de cette chambre. C’est comme si le temps s’était arrêté au dehors et que le seul instant qui ait actuellement de l’importance était celui-ci, ce moment où le très grand Roi d’Angleterre se retrouvait seul avec une très grande Dame, son épouse. Et ces deux très grands êtres se sentaient peut-être tout petits, très vulnérables, une fois départis de leur orgueil, de leur colère, et de leur mélancolie. Ils goûtaient pour la première fois depuis longtemps à la simplicité de la vie commune. Ils recommençaient lentement à se faire confiance. Peut-être redeviendraient-ils bientôt aussi complices que jadis, qui sait ?...

La Reine venait de demander à son mari ce qu’il avait envie de faire. Elle demandait cela le plus naturellement du monde, sans arrière pensée, sans espoir et sans insistance. Elle se demanda juste un instant si elle avait rangé son jeu de cartes dans le tiroir de son bureau ou alors dans sa table de nuit. Mais alors, elle remarqua le regard de son époux. Un regard à la fois malicieux et brûlant, qui la pénétra jusqu’au fond de son âme, sans qu’elle ne s’y attende. Cette grande Reine se sentit comme désarmée face à ce simple regard empli de désir. Elle entrouvrit les lèvres mais aucun son n’en sortit. Il la regardait comme jamais il ne l’avait fait, il la regardait comme s’il savait ce qu’elle pensait, comme s’il pouvait s’immiscer dans son esprit et avoir sur elle un contrôle absolu. Il la regardait comme un homme regarde la femme qu’il désire depuis des années. Elle sentit des petits picotements dans ses articulations, et son cœur s’emballa. Elle se sentit intensément vivante.

Henry s’approcha d’elle lentement, comme un prédateur se glisse auprès de sa proie. Il y avait en lui quelque chose de tendre, mais aussi une sorte de sensualité bien plus troublante et inhabituelle. Sa chemise humide dessinait ses muscles dont le tracé était digne d’une statue d’Apollon. Il la retira, découvrant sa peau douce et son torse puissant. La Reine avait l’habitude de trouver son époux intelligent et vif d’esprit, mais elle avait comme oublié qu’il était aussi incroyablement beau, presque captivant.

Il était à présent juste derrière elle, dans son dos. Il posa une de ses mains sur sa nuque –contact au combien perturbant mais extrêmement agréable- et de l’autre, caressa doucement se chevelure brune. « Henry… », murmura-t-elle sans trouver la force de poursuivre sa phrase (qu’aurait-elle dit de toute manière ?). Ils se regardaient toujours à travers le miroir. Il l’observait toujours avec ce regard intense, à la fois plein d’admiration et remplis de désir. Elle avait tant de fois imaginé, rêvé de ce moment, qu’elle le trouvait à présent aussi irréel que lorsqu’elle se contentait de l’espérer. Ainsi, comme pour ce convaincre que tout ceci était bien entrain d’arriver, elle se retourna, pour faire face à Henry. S’il disparaissait out à coup, elle n’aurait plus qu’à se réveiller et à constater qu’une fois de plus tout ceci était absolument et formellement impossible. Mais non. Elle se retourna, et Henry ne prit pas ses jambes à son cou (^.^’), et au contraire, resta là, avec un léger sourire au lèvres.
H E N R Y – « Vous êtes plus ravissante que jamais, ma Dame… »

Catherine se mit à rire doucement. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle trouvait la situation assez amusante. Ils avaient mis tellement de temps à se retrouver, tellement d’énergie à s’éviter, et maintenant cela semblait tellement… facile, tellement simple d’être si proches de nouveau… Pourquoi le avait-il fallu si longtemps pour accepter de mettre leur orgueil de côté et faire la paix ? Quelle perte de temps !

Mais l’heure n’était pas aux regrets, bien au contraire. La Reine se sentait bien, elle se sentait revivre, elle respirait à pleins poumons comme si elle avait failli se noyer, l’instant d’avant.
C A T H E R I N E – « Mon Amour… Comme vous m’avez manqué ! », souffla-t-elle dans un murmure de soulagement.
Elle posa sa main gauche sur le torse légèrement humide de son époux, doucement, et la fit remonter en une caresse délicate vers son épaule, tandis que sa main droite allait lentement papillonner vers le bas du dos de son époux. Enlacés, les deux amants semblaient enfin sereins, comme s’ils n’étaient pas à leur place tant qu’ils n’étaient pas l’un contre l’autre…

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Henry Tudor
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MessageSujet: Re: Le Symbole de l'Amour [Henry] Mar 5 Juil - 22:50

    Henry semblait totalement métamorphosé. Quiconque l’avait fréquenté ces dernières semaines auraient aisément pensé avoir des hallucinations en voyant une telle scène ! Comment le roi pouvait-il se montrer aussi proche envers la reine alors qu’il avait passé son temps à l’ignorer, la tromper, la blâmer et la critiquer ? D’où venait donc se retournement soudain de situation ? Nul ne le savait, et pour tout vous dire, même Sa Majesté elle-même se le demandait ^^.
    Mais peu importait, il n’était pas l’heure de se poser de telles questions. Henry était ainsi, en ce moment précis ; calme, serein et amoureux. Il fallait donc en profiter, car cette soudaine saute d’humeur venant de la part de Sa Majesté était rare et tendait la plupart du temps à des colères soudaines ; la reine semblait le savoir et n’avait visiblement pas envie de se prendre la tête non plus. Elle avait apparemment elle aussi envie de profiter de ce moment unique et si rare ; et cela était tout à fait réciproque.

    Le miroir principal des appartements de la reine reflétait donc deux silhouettes très proches l’une de l’autre. La reine venait de se retourner pour faire face à son époux et tournait à présent le dos à ce miroir richement décoré. Les deux silhouettes royales étaient désormais entrelacées et les deux amants restèrent dans cette position d’union, immobiles et silencieux, pendant plusieurs minutes.
    Le roi ne bougea pas d’un doigt. Il posa délicatement sa tête sur l’épaule légèrement humide de la Reine et l’entrelaça tendrement. Son nez, se trouvant désormais à quelques millimètres du cou de Catherine, le souverain pu alors sentir l’odeur si agréable et pure de son épouse ; il avait oublié au combien elle sentait bon ! Cette simple odeur lui rappela soudain le passé, l’époque où ils étaient encore de jeunes adultes et découvraient et affrontaient le monde ensemble… Mais cette époque était loin, elle était révolue depuis longtemps. Très longtemps.

    Soudain, Henry se détacha doucement de leur étreinte amicale mais remplie d’affection. Il se recula légèrement de sa Reine et la regarda d’un œil emplie d’admiration et de sympathie. Il prit alors les deux mains de Catherine dans les siennes et se contenta de la dévisager un court instant.
    Si Sa Majesté avait été en compagnie d’une de ses maitresses, inutile de vous dire que sa réaction aurait été autre. En effet, le Roi n’aurait pas hésité à passer à l’étape suivante et à s’amuser de façon plus ou mois catholique avec sa partenaire^^ ; mais il n’eu fut pas ainsi. Non, Henry agissait tout autrement avec son épouse légitime. Il la respectait trop pour s’amuser ainsi avec elle et n’avait nullement l’intention de la choquer ou de profiter de sa condition de femme… ainsi, le roi resta immobile, sa respiration calme, faisant soulever à un rythme régulier sa poitrine parfaitement dessinée.

    Il adressa un petit sourire à son épouse, puis, Henry s’éloigna d’elle et alla s’assoir tranquillement sur le lit royal de Sa Majesté la reine. Il tapotant légèrement le dessus du lit et invita ainsi la reine à le rejoindre ; d’ailleurs, il accompagna son geste par la parole :


    « - Passeriez-vous un petit moment en ma compagnie ? »

    Bien sur, Henry ne s’attendait pas à voir la reine faire ce que n’importe quelle maitresse aurait pu faire avec lui. Oui, roi savait Catherine prude et chaste, il était presque certain de sa réaction et était prêt à parier que Catherine allait certes le rejoindre, mais pour discuter ou alors pour jouer aux cartes, rien d’autre. A moins qu’il se trompait ? Ça, seule la reine allait pouvoir en décider… Henry, lui, était ouï à toute proposition venant de sa part…


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Catherine d'Aragon

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MessageSujet: Re: Le Symbole de l'Amour [Henry] Ven 15 Juil - 10:53


Catherine avait en quelque sorte conscience que, d’un moment à l’autre, tout pouvait basculer. Henry n’était pas connu pour la constance de ses sentiments. Il était tantôt colérique tantôt affectueux, et cela, à cinq minutes d’intervalle et vis-à-vis d’une seule et même personne. Elle savait qu’au moindre faux pas, ou si elle prononçait un mot plus haut que l’autre, le beau jeune homme pourrait entrer dans une rage folle et incommensurable, qu’il la traîterait d’infâme et qu’il la quitterait en un instant. Désireuse de cultiver les bonnes grâces de Sa Majesté, Catherine se fit docile et caressante. Elle n’avait pas l’intention de le fâcher ce soir. Elle avait attendu ce moment pendant trop longtemps. Ne la prenez pas pour une sainte idiote ! Evidement, au fond d’elle-même, elle redoutait l’instant fatal où elle s’endormirait. Car elle savait que si elle quittait un seul instant son époux du regard, il pourrait bien disparaître et ne plus lui revenir. Elle était à lui, elle lui appartenait corps et âme, mais l’inverse n’était pas aussi vrai. S’il se laissait faire, elle pourrait l’aimer aussi fort et aussi passionnément qu’il le méritait. Mais il fuyait dès qu’il en avait l’occasion : dès que les choses devenaient trop sérieuses ou trop évidentes. Catherine le soupçonnait de manquer grandement de confiance en lui. Sinon, pourquoi chercherait-il à obtenir les faveurs de toutes ces femmes ? Oh, il aurait beau dire que cela était uniquement pour son bon plaisir, Catherine n’en croirait rien. Il avait l’amour de la plus noble, la plus douce et la plus vertueuse de toutes les femmes. Cela suffirait à n’importe qui, pourvu qu’il n’ait rien à se prouver à lui-même. Or, Henry n’avait rien à prouver aux autres. Il avait tout : la jeunesse, la beauté, la puissance, l’intelligence… Mais il avait certainement très peur de l’abandon, de la maladie ou de la vieillesse. Voilà pourquoi il courait en tous sens, faisant la course contre le Temps qui s’écoule invariablement. Et toutes ces femmes ne représentaient en réalité rien d’autres que le fracas des secondes sur la grandeur de ce Roi fugitif.

Catherine souriait doucement, creusant ses fossettes sur ses joues d’une blancheur de magnolia. Elle avait l’air d’avoir à peine vingt ans. Elle avait l’air de ne plus avoir besoin de se réfugier à la Chapelle pour trouver asile. Elle était là, soutenant avec tendresse le regard affectueux de son époux, qui venait de s’écarter un instant et la contemplait avec admiration. C’était un refuge suffisant. Elle savait qu’il la voyait comme une petite statuette au regard limpide, et qu’il l’élevait sur un piédestal au-dessus de toutes les autres femmes. Elle savait que lesdites autres femmes pouvaient bien remporter son désir, mais, elle, elle avait son respect, un respect emprunt d’idolâtrie. Le respect ne signifie pas grand-chose dans les chères têtes blondes de toutes ces petites courtisanes avides de pouvoir. Elles veulent des robes, des bijoux et autres promesses de la part du Roi, mais elles se comportent comme de vraies trainées. Peu importe… Nous disions tout cela pour faire remarquer au lecteur que le Roi était comme intimidé par sa respectueuse épouse. Celle-ci voulait lui prendre la main et lui dire qu’elle n’était pas une icône sainte, qu’elle était sa femme avant tout. Elle avait bien l’intention d’être sa femme, car elle pouvait légitimement revendiquer sa position.
H E N R Y – « Passeriez-vous un petit moment en ma compagnie ? »

Instant quelque peu gênant durant lequel un ange passa. Catherine s’approcha néanmoins de son époux, doucement, presque prudemment. Elle ne savait pas exactement comment réagir. Oui, elle était toujours très fière du respect que lui accordait Henry, mais elle se surprit également à songer que ses maîtresses pouvaient se permettre toutes les folies, justement parce qu’il ne les respectait pas. Or, Catherine avait envie de n’être pas éternellement et inlassablement pieuse et immobile. Il y a quelques années (cela lui semblait être des siècles), elle n’était pas si engoncée dans les bonnes manières, par si prise au piège entre son devoir d’être sage et son besoin de faire plaisir à son époux. Elle se posait tout simplement moins de questions, à l’époque. Elle agissait comme bon lui semblait, dans le respect des règles mais sans trop s’embarrasser non plus du « qu’en dira-t-on ». Elle regardait Henry et savait qu’il ne tenterait rien avec elle. Cela la mettait en confiance mais l’intimidait également car elle savait que c’était donc à elle de prendre les initiatives. Il n’en fallait pas plus pour déstabiliser notre Catherine, qui ne voulait pas sembler timide, mais qui ne pouvait se résoudre à agir.

Et puis elle songea qu’elle agissait actuellement comme une femme décidée à entrer dans un couvent, et non comme l’épouse d’un Roi. Elle se rappela que Dieu l’avait choisie, elle, Catherine d’Aragon, pour être Reine d’Angleterre, pour demeurer toujours au côtés d’Henry en tant que son épouse légitime. Or, si Dieu lui avait attribué cette position, ce n’était pas pour qu’elle s’échappe, pour qu’elle se réfugie ailleurs que dans les bras de son mari. Si elle souhaitait servir Dieu, elle devait servir son époux, auprès duquel Dieu lui avait ordonné de demeurer. Ainsi, il n’y avait pas de choix possible. Elle n’avait pas à rougir, elle n’avait pas à laisser à d’autres le privilège de passer la nuit avec Henry, car c’était à elle que ce droit revenait. Elle posa sa main sur la joue de son époux, et la fit descendre le long de son cou. Il ne devait pas croire qu’elle était incapable de désir, il ne devait pas penser qu’elle n’était pas une femme, qu’elle n’était pas sa femme. Elle se pencha vers lui et approcha ses lèvres en forme de cœur de son cou.
C A T H E R I N E – « Je crois, susurra-t-elle près de son oreille, que nous aurons bien d’autres occasions de jouer aux cartes, qu’en pensez-vous ? »
Elle lui décrocha un sourire radieux, un brin malicieux et très complice, puis attendit tout simplement sa réaction face à sa déclaration qu’elle pensait assez explicite.

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