Henry VIII, jeune roi plein d'ambition, prend le trône d'angleterre. C'est un regne plein d'intrigues qui se prépare.
 
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Au Choeur du Silence [Henry - Prière de ne pas déranger]

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Catherine d'Aragon

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MessageSujet: Au Choeur du Silence [Henry - Prière de ne pas déranger] Sam 11 Juin - 16:20

. . Henry Tudor & Catherine d'Aragon . .
. . . . .. . . . .
. . . . . . . Au Choeur du Silence . . . . . . .

"Je vous salue Marie, pleine de grâces ; le Seigneur est avec vous...". L'inflexion douce de la voix de Catherine d'Aragon enchantait la Chapelle et contribuait à apporter au lieu saint des accents de sérénité gracieuse. Au dehors, la pluie martelait les carreaux en losanges des fenêtres de la Chapelle. Les orages de juin sont les plus impétueux. Sans doute était-il tard... La lune, la gibbeuse, luisait d'un faible éclat et reflétait ses cristaux instables dans les flaques qui de-ci de-là jonchaient le sol pavé de la cour. La chaude humidité de l'après-midi, pesante, avait laissé craindre de telles intempéries. Demain, Londres aurait des allures de marécage dévasté. Catherine avait Londres en horreur. C'était une ville obscure qui donnait l'impression un jour sur deux d'avoir été inondée par une vague de la Manche, dont le flux et le reflux aurait laissé des immondices marines dans les rues. "... Vous êtes bénie entre toutes les femmes...". Catherine tenait la croix de son chapelet contre son coeur. Agenouillée devant la statue de la Vierge, elle songeait à l'immaculée conception. Car le Roi... Oh, son cher amour ! Quelle souffrance elle éprouvait lorsque, croisant son beau regard, elle sentait sur elle tout le poids du reproche... Comme si c'était de sa faute, comme si elle n'avait pas désiré si fort que ces petits enfants mort-nés se mettent miraculeusement à respirer... Elle les avait portés dans son coeur avant tout, avec ferveur, avec passion. Pourquoi ne comprenait-il pas cela ? Pourquoi lui semblait-il qu'il la regardait comme un monstre, ou, pire, comme une étrangère ? Elle leur aurait donné son souffle, elle leur aurait donné sa vie, à ces enfants chéris... Combien de temps avait-elle prié ce soir ? Combien de fois avait-elle prié depuis que son dernier bébé était mort ? Dehors, la pluie ne s'arrêtait pas, jamais, comme une ritournelle incessante... Et les grondements sourds de l'orage, ces grondements accusateurs, lui étaient sans doute réservés, c'était de la colère qui tombait des nues pour l'accabler, lui rappeler qu'elle n'avait pas rempli sa mission de femme...
"... Et Jésus, le fruit de vos... le fruit de... Ah, pitié !"
Des larmes d'agonie coulaient abondamment le long de ses joues, roulaient sur ses lèvres tremblantes, tombaient dans son cou. Elle voulait finir sa prière, cette prière qu'elle avait répétée des millions de fois. Elle luttait pour en prononcer les mots appris par cœur sans que sa voix ne vacille. Elle s’était mise à frissonner, son corps était pris de soubresauts. Elle étouffait depuis trop longtemps ces sanglots. La Cour la connaissait comme une Reine imperturbable et mélancolique. Mais elle était –pourquoi personne ne le comprenait ?- une femme et non une statuette de marbre. Si elle se montrait impassible, c’était pour éviter que l’on se moque d’elle –il y a tant de mauvaises langues acerbes en ces lieux ! A la Cour, tout était comme amplifié : si vous vous montrez ému, vous passez pour une personne susceptible ou lunatique, si vous êtes pudique, on dit de vous que vous êtes candide et prude, et si on lit sur votre visage une once d’agacement, on vous accuse d’être colérique ou morose. Rien ne peut être du domaine privé ou intime, tout est matière à scandale. « Oh, regardez, la Reine porte une robe rouge ! Sans doute veut-elle que le Roi fasse attention à elle et la remarque enfin ! » - « Oh, la Reine porte une robe noire ! Voyez comme elle a mauvaise mine… Elle doit encore porter le deuil de son bébé mort-né ». Votre vie est décortiquée, évoquée sur tous les tons, observée à la loupe, chacun de vos geste peut prêter à confusion et chacun y va de son interprétation… Catherine a toujours fait son possible pour ne jamais flancher, et pour ne jamais faire quoique ce soit qui puisse amener les courtisans à s’interroger.

Mais, ce soir, elle était seule dans la Chapelle. Et tous ses maux, toutes ses craintes qui la harcelaient et qu’elle enfermait d’habitude tout au fond de son cœur, tout cela remontait à la surface avec une violence soudaine et inattendue. Elle pensait à ses six enfants, dont seule Mary avait survécu, elle pensait à l’Espagne –depuis combien de temps n’avait-elle pas vu sa mère, Isabelle, au juste ? De son pays natal elle ne gardait désormais plus qu’un accent chaud et romantique, une façon de parler différente de celle des Anglais, mais c’était tout. Elle pleura des larmes amères pendant dix minutes, tout au plus, puis tâcha de reprendre ses esprits. Le cœur n’y était plus. Mais, pour Mary, sa fille, elle devait se ressaisir, et continuer… Continuer quoi, au fait, elle se le demandait bien ! Qu’importe, pourtant, elle doit continuer. Elle fit un signe de croix, et se releva tant bien que mal. Elle alla ramasser son chapelet qu’elle avait laissé rouler un peu plus loin, et s’apprêta à partir. Ce n’est qu’alors qu’elle remarqua que la plupart des cierges s’étaient éteints, car l’un des fenêtres de la chapelle était restée ouverte durant toute sa prière, et un vent glacé s’y engouffrait. La Chapelle, ainsi plongée dans une demi-pénombre, prenait des airs quelque peu inquiétants, mais la Reine ne prêta pas grande attention à son aspect fantomatique. La seule chose qui capta son attention et qui l’effraya un peu, était le fait de constater qu’une silhouette se tenait dans l’ombre, dans l’encadrement de la porte. Elle ne pouvait distinguer les traits de cette personne, mais tout ce qui lui importait était de savoir depuis combien de temps cet intrus se tenait là, et ce qu’il avait vu de la scène précédente…
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Henry Tudor
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MessageSujet: Re: Au Choeur du Silence [Henry - Prière de ne pas déranger] Sam 11 Juin - 18:52

    La pluie ne cessait de s’abattre sur Londres depuis le début de cette journée. Rares étaient d’ailleurs les jours où le soleil faisait son apparition, et cela rendait bien moroses les journées de Sa Majesté. En effet, il était connu de tous, qu’Henry détestait les jours de pluies et bénissaient ceux où le soleil se montrait clément. Son humeur variait d’ailleurs souvent avec le temps ; d’où certainement son mauvais caractère perpétuel.
    Quoiqu’il en soit, aujourd’hui n’échappa pas à la règle, car la journée que passa le souverain ne fut guère agréable. Une journée de plus passée, en toute monotonie et sans aucun évènement particulier qui aurait pu l’agrémenter et la pimenter quelque peu.
    Le roi avait passé le plus clair de son temps en compagnie de son secrétaire dévoué, Thomas Cromwell. Les problèmes à régler et les nombreuses affaires à éclairer étaient nombreuses ses temps-ci et Henry n’avait pas le temps de s’accorder un petit moment de repos et de plaisir.
    Quoiqu’il en soit, Sa Majesté n’avait guère le choix et Henry devait se soumettre à ses devoirs et obligations de souverain. La journée passa donc péniblement, mais aune saute d’humeur et coup de colère n’éclata dans le château de Whitehall palace…Henry s’était montré très diplomatique et étrangement calme aujourd’hui, et ce, malgré la pluie incessante qui martelait la fenêtre de la salle du conseil où il avait passé le plus clair de son temps. Visiblement, le roi avait été pensif toute la journée…

    Le souverain fut toutefois très soulagé de voir le soleil se coucher. Enfin, cette journée monotone se terminait et il allait pouvoir regagner ses appartements afin de s’y reposer !
    D’un pas nonchalant, le roi entra dans ses appartements privés afin de regagner sa couche où il espérait y retrouver la reine Catherine d’Aragon. Oui, Henry n’avait ce soir, aucune envie de voir une de ses maitresses ! Cela vous surprendra certainement mais Sa Majesté avait soudainement eut le besoin de passer un peu de son temps avec son épouse. Ces derniers temps, il l’avait, à son humble avis, beaucoup trop délaissé…
    Malgré sa volonté de retrouver la reine, son envie ne fut pas exhaussée, car ses appartements privés restèrent déserts toute en ce début de soirée. Exaspéré, déçu, agacé et légèrement inquiet, le roi décida de partir à la recherche de la souveraine de ce royaume. Après avoir demandé aux dames de compagnie de Madame où se trouvait cette dernière, le roi eu rapidement une réponse, et sans aucune surprise, on lui confia que Sa Majesté Lady Catherine se trouvait à la Chapelle royale depuis plusieurs heures maintenant. Le roi ne pu s’empêcher de lever les yeux au ciel, et, dans un soupire d’agacement, il prit la décision de la rejoindre.

    Accompagné d’un de ses serviteurs, Henry traversa d’un pas rapide les couloirs déserts du château.
    Arrivant à destination, il ouvrit discrètement la lourde porte de la chapelle et fit un signe de tête à son serviteur afin de s’y engouffrer seul. Le roi se posta debout contre la porte d’entrée et s’adossa contre cette dernière. Il chercha rapidement Catherine du regard et la trouva sans aucune difficulté, agenouillée, en train de prier la sainte vierge. Le souverain décida de garder silence et de ne pas interrompre sa femme dans ses prières. Tout en l’observant, il attendit donc patiemment, croisant machinalement ses bras contre son torse.
    Henry ne pu s’empêcher d’avoir un pincement au cœur en voyant la reine si anéantit et triste ; pourtant, il ne vint pas la réconforter. Non, il se contenta simplement de l’observer silencieusement…
    Enfin, après des minutes de prières qui semblèrent être des heures d’attente pour Henry, Lady Catherine stoppa enfin ses prières et se leva péniblement afin de regagner la sortie.
    Bien que le roi remarqua que la reine avait remarqué sa présence, il ne bougea toujours pas mais décida enfin de parler…


    « -Vous voilà donc encore dans vos prières ? »

    Sa voix résonna dans la chapelle. Elle était froide et l’on pouvait aisément y sentir une pointe d’agacement…Toutefois, cette question ne fut que rhétorique et Henry n’y attendit aucune réponse de la part de la reine ; non, cette remarque n’était en fait qu’une constatation.
    Henry resta silencieux un court instant avant de finalement reprendre la parole :


    « - Quand cesserez vous enfin de vous lamenter ainsi sur votre propre sort ? N’êtes-vous pas satisfaite de la vie qui vous a donné le Seigneur ? Ne vous estimez-vous pas suffisamment chanceuse de votre condition et de vote statut royal ?! »

    Le roi se montrait dur envers la reine Catherine. Au fond de lui, il savait qu’elle faisait de son mieux pour lui plaire et se montrait même exemplaire en tout point ! Or, une chose empêchait Henry de l’aimer d’un amour fort et passionnel : son incapacité à lui donner un fils !
    Sa Majesté resta silencieuse un instant. Immobile, il la dévisageait. Or, après quelques minutes de silence interminable, le roi se redressa et s’avança vers Catherine d’Aragon…Arrivé prêt d’elle, il posa doucement une main sur son visage afin de le lui redresser délicatement pour apercevoir de plus prêt ses traits tirés et marqués par la fatigue et la tristesse :


    « -Allons bon, vous voici dans un état bien lamentable !
    Les jours que vous passez en ma compagnie vous sont-ils si désagréable pour que vous passiez autant de tant dans cet endroit si morbide ?
    Que diable, réveillez-vous ma reine, sortez donc de cet état déplorable dans lequel vous vous trouvez !...»


    Henry la regarda fixement, attendant une quelconque réaction de sa part. Il ne supportait pas de la voir ainsi, dans une telle condition physique…


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Catherine d'Aragon

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MessageSujet: Re: Au Choeur du Silence [Henry - Prière de ne pas déranger] Sam 11 Juin - 20:51


La voix du Roi traversa la pénombre et parvint jusqu'à Catherine. Non sans ironie et auto-dérision, elle songea un instant que, dans le noir, elle était strictement incapable de faire la différence entre la silhouette de son époux et celle de n'importe quel autre homme, mais, en revanche, sa voix, sa voix basse , elle la reconnaitrait entre mille, lorsqu'elle prend ce ton glacial et réprobateur. Mais ce n'était pas uniquement de sa faute. Elle l'attendait souvent, le soir, dans ses appartements, toute seule, après avoir envoyé ses dames d'honneur se coucher. Elle n'attendait pas grand chose de lui, mais il est vrai que, s'il lui avait pris l'envie de temps en temps de venir la voir, juste pour discuter un peu ou peut-être pour jouer aux cartes -elle sait bien que jouer met le Roi de bonne humeur- elle en aurait été ravie et n'en aurait pas demandé davantage. Mais combien de soirs a-t-elle passés absolument seule à l'attendre en vain ? Il est curieux de constater que, maintenant qu'elle a compris que le Roi ne viendrait jamais la voir en soirée, il se mette à la chercher dans le château à une heure tellement avancée. La surprise se lisit sur le visage de Catherine, et elle retint son souffle en attendant d'entendre ce que son époux avait à lui dire pour venir à trouver à une pareille heure. En même temps, elle sortit son mouchoir brodé d'un air détaché et essuya une larme qui était restée accrochée au bord de ses cils avec le même geste que si elle avait simplement épousseté sa robe.
H E N R Y - « Quand cesserez vous enfin de vous lamenter ainsi sur votre propre sort ? N’êtes-vous pas satisfaite de la vie que vous a donnée le Seigneur ? Ne vous estimez-vous pas suffisamment chanceuse de votre condition et de vote statut royal ?! »
Elle retint un soupir de déception, en entendant les paroles dures de son époux. Evidemment, à quoi aurait-elle pu s'attendre d'autre venant de lui ? Mais elle avait toujours un espoir, comme une petite flamme au fond de son coeur, pour qu'un jour, il redevienne avec elle aussi tendre qu'il l'avait été jadis. Elle ne répondit pas tout de suite à cette attaque. Elle se sentait moralement vaciller, et cherchait de toutes ses forces à faire en sorte que cela ne se voit pas. Son époux fit quelques pas en sa direction. Spontanément, elle recula, s'attendant à ce qu'il vienne plus près pour pouvoir l'accabler encore de reproches sans avoir à hausser la voix. Mais il vient poser sa main sur sa joue, et la fit lever les yeux vers lui. Catherine affichait un air d'incompréhension totale. Pourquoi venait-il ici pour la blesser avec des paroles acides, pour avoir finalement un geste délicat à son égard ?
H E N R Y - « Allons bon, vous voici dans un état bien lamentable ! Les jours que vous passez en ma compagnie vous sont-ils si désagréable pour que vous passiez autant de temps dans cet endroit si morbide ? Que diable, réveillez-vous ma reine, sortez donc de cet état déplorable dans lequel vous vous trouvez !...»
Le ton de son époux n'étais plus aussi cinglant que précédemment. Mais elle avait l'impression qu'il l'insultait ouvertement. Ce n'est pas elle qui l'avait abandonné ! Ce n'est pas elle qui avait simplement décidé de baisser mollement les bras ! Il l'accusait de passivité, mais n'était-il pas plus lâche qu'elle ? Catherine sentit dans ses veines son sang, son sang Espagnol, bouillonner de rage. Elle avait tout fait pour être une Reine irréprochable, une mère généreuse et juste, une épouse aimante et vertueuse... et tout cela pour quoi ? Pour que son époux lui lance des paroles si dures dans la Maison de Dieu ! Tant bien que mal, elle tenta de se maîtriser. Elle baissa de nouveau les yeux pour qu'Henry ne puisse y voir l'étincelle de rage qui venait d'allumer ses yeux bleus délavés. Quand elle prit la parole, ce fut d'abord d'un ton posé, quoique dans sa voix demeraient quelques accents d'émotion incontrôlée.
C A T H E R I N E - « Quand m'avez-vous vue me lamenter sur mon sort, Monsieur ? Je ne me plains jamais auprès de personne. Même mes dames d'honneur n'ont jamais été témoins de mes pleurs... J'ai pourtant versé bien des larmes, Monsieur. Non pas parce que j'aime à me lamenter sur mon sort, et aucunement parce que je ne suis pas satisfaite de la vie que le Seigneur m'a donnée, m'a occtroyée dans sa clémence, mais simplement parce que, au risque de vous déplaire, je suis en vie. »

Elle avait failli ajouter que, s'il avait été un véritable mari, il l'aurait déjà vue pleurer plus d'une fois, et aurait pleuré avec elle leurs enfants perdus, et ne se serait donc pas étonné de la voir en larmes ce soir. S'il avait été un bon mari, il l'aurait consolée, car il n'y a que devant son Roi que la Reine pouvait se permettre de laisser paraître ses émotions... Mais elle s'était abstenue d'ajouter quoique ce soit. Quant à ses dernières paroles, elle les regretta presque, car elle craignait que le Roi les trouve impertinentes. "Au risque de vous déplaire, je suis en vie". Elle avait souvent fait des cauchemars, durant lesquels sont époux signait son arrêt de mort, pour la remplacer par une nouvelle Reine. Mais il ne peut en être ainsi ! Le Roi est un homme bon et juste, il ne tuerait personne pour son seul contentement !... Elle leva de nouveau les yeux vers son époux. Elle paraissait à la fois sereine et triste.
C A T H E R I N E - « Quant au reste, je vous assure que mes jours seraient plus agréables si vous daigniez me laisser en passer quelques uns en votre compagnie. Néanmoins, cet endroit n'a rien de morbide à mes yeux, il est... comme un havre, voyez-vous... »
Elle prit la main droite du Roi et l'enferma doucement entre les siennes. Elle voulait lui demander comment ils en étaient arrivés là, pourquoi les choses ne pouvaient pas redevenir comme auparavant, paisibles et douces. Ses lèvres bien dessinées, comme tracées au pinceau, restèrent pourtant scellées. Elle n'osait jamais évoquer le passé avec Henry, de peur de lui déplaire. En fait, la Reine passait son temps à ménager le Roi, à taire les questions qu'elle aimerait lui poser. Elle relâcha la main de son époux, et fit quelques pas vers une des fenêtres de la Chapelle. Elle essaya d'oublier les paroles d'Henry, qui lui ne cherchait jamais à la ménager, et lui avait fait remarquer "son état déplorable". Elle s'observa dans la vitre. Il est vrai qu'elle n'était plus aussi jeune et vive que lors de leur mariage, il est vrai qu'elle avait eu six enfants et que les déceptions l'avaient fait maigrir un peu, que ses joues s'étaient légèrement creusées et que ses yeux avaient adopté une teinte passée, au lieu du bleu saphir qu'ils arboraient dans sa jeunesse... Mais elle était en échange devenue une Reine : digne, raffinée, avec de l'esprit et du savoir faire. Elle était d'une beauté moins exubérante qu'auparavant, mais la finesse de ses traits, la douceur de ses courbes, la tendresse de son sourire et la chaleur de sa voix, tout cela ne comptait-il donc pas ? N'avait-elle pas une démarche altière, un goût sûr, une élégance rare, et une culture bien plus vaste que la plupart des courtisanes ? Le Roi ne pourrait-il pas l'aimer pour ses qualités de Reine, ne pourrait-il pas l'aimer parce que le peuple l'aime ?
C A T H E R I N E - « Mais vous avez raison, Monsieur : vous avez devant vous l'ombre de ce que j'étais. C'est parce que je suis comme la Lune. Si je perds mon Soleil, nul éclat ne peut émaner de moi, et je ne peux plus briller, et apaiser les nuits de cette lumière d'argent. »
Elle se tourna de nouveau vers lui, cette fois avec vivacité.
C A T H E R I N E - « Vous êtes le Soleil, Monsieur ! Pourquoi ne m'irradier-vous plus de votre lumière bienveillante ? Et moi, pauvre astre, qu'ai-je fait pour vous causer autant de peine ?... »

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Henry Tudor
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MessageSujet: Re: Au Choeur du Silence [Henry - Prière de ne pas déranger] Lun 13 Juin - 15:39

    Lorsqu’Henry releva doucement la tête de sa femme afin de la regarder fixement en attente d’une éventuelle réaction de sa part,l e roi fut quelque peu surprit de remarquer le regard de Catherine se baisser aussitôt. Visiblement, le souverain l’avait blessé inconsciemment dans ses paroles ; et là n’avait pas été son intention première.
    Quoiqu’il en soit, la réaction de la reine ne se fit pas attendre «Quand m'avez-vous vue me lamenter sur mon sort, Monsieur ? Je ne me plains jamais auprès de personne. Même mes dames d'honneur n'ont jamais été témoins de mes pleurs... J'ai pourtant versé bien des larmes, Monsieur. Non pas parce que j'aime à me lamenter sur mon sort, et aucunement parce que je ne suis pas satisfaite de la vie que le Seigneur m'a donnée, m'a octroyée dans sa clémence, mais simplement parce que, au risque de vous déplaire, je suis en vie. ».
    Henry ne pu s’empêcher de serrer légèrement ses poings en entendant cette phrase. Il ne s’attendait absolument pas à une telle réaction venant de Lady Catherine. Il pinça quelque peu ses lèvres inférieures en signe de colère. Oui, à ses mots, le roi bouillonnait intérieurement. IL fallait avouer qu’il n’avait guère apprécié ses paroles…Il aurait pu monter sur ses grands chevaux afin de blâmer et gronder sa femme ; or, il n’en fit rien. Le roi opta en effet pour une réaction qui ne lui ressemblait pas : il resta silencieux et baissa légèrement les yeux. Comme si, au fond, il savait que dans les paroles prononcées par la reine, il y avait du vrai… Portant, jamais il n’avait souhaité sa mort et les derniers mots qu’elle avait répliqués, lui produisirent un petit pincement au cœur.
    Silencieux, Henry regarda la reine descendante d’une grande lignée du royaume d’Espagne ; il la dévisagea un court instant et fut quelque peu surprit de sentir les mains légèrement froides de la reine lui envelopper sa main droite. Toutefois, il ne fit aucun mauvais de recul et la laissa faire.
    Puis, après un long moment de silence, la reine reprit la parole d’une voix sereine, mais triste «Quant au reste, je vous assure que mes jours seraient plus agréables si vous daigniez me laisser en passer quelques uns en votre compagnie. Néanmoins, cet endroit n'a rien de morbide à mes yeux, il est... comme un havre, voyez-vous... ». Le roi resta silencieux encore une fois, immobile.
    Il daigna enfin réagir et sembla revenir les pieds sur terre lorsque sa femme lâcha sa main et se dirigea vers l’une des fenêtres de la chapelle.


    « -Un havre ? Quelles sornettes Madame ! »

    Se fut les premiers mots prononcés par Sa Majesté depuis que la reine avait prit la parole. Oui, Henry avait réagit immédiatement à cette phrase. Comment pouvait-elle trouvé un tel lieu aussi reposant et rassurant ? Le roi en eu des frissons dans le dos ; il n’aimait guère cet endroit obscure et clos…Sa réaction avait donc été soudaine et directe ; mais il ne se voulu pas vexant, ni même méchant en s’adressant de la sorte à sa Reine.
    Le roi ne bougea cependant pas et suivit du regard la direction empruntée par la Reine. Cette dernière vint alors se poster devant l’une des fenêtres de la chapelle et son regard sembla se perdre sur son reflet. Henry resta silencieux.
    Puis, après un autre long moment de silence, les pas de Sa Majesté résonnèrent de nouveau dans la chapelle silencieuse. Henry rejoignit doucement Catherine d’Aragon vers la fenêtre embuée de l’édifice religieux. Restant derrière elle, il s’approcha toutefois légèrement de ses cheveux noirs et lui répliqua dans un murmure :


    « -Je passerai davantage de temps en votre compagnie si vous en passiez moins dans vos prières…
    Ces derniers temps, vous êtes de plus en plus absentes, vous vous enfermée dans cette chapelle des jours et des nuits.
    Le peuple et moi-même commençons sérieusement à nous interroger sur votre compétence à régner, vous êtes devenue le fantôme de vous-même.
    Où est donc passé la reine d’Angleterre d’autrefois ? Celle qui était avenante, souriante, aimable et serviable ? »


    Henry avait donc parlé d’une voix basse mais parfaitement audible. Il venait de parler en toute sincérité et espérait ainsi faire réagir et changer quelque peu la Reine.
    La reine resta silencieuse à son tour et semblait pensive. A son tour, Henry ne pu s’empêcher de penser au passé. Oui, il avait jadis été heureux avec Lady Catherine et il devait avouer que cette femme était des plus admirables ! De nombreuses qualités faisaient d’elle une épouse parfaite ; mais malgré cela, Henry ne pouvait s’empêcher de penser aux quelques rares échecs et déceptions qu’il avait déjà eu vis-à-vis de la reine…
    Ne souhaitant pourtant pas s’attarder davantage sur les temps passés, Henry fut en quelque sorte soulagé d’entendre de nouveau la voix de sa femme qui le sortit immédiatement de son état d’esprit pensif et mélancolique « Mais vous avez raison, Monsieur : vous avez devant vous l'ombre de ce que j'étais. C'est parce que je suis comme la Lune. Si je perds mon Soleil, nul éclat ne peut émaner de moi, et je ne peux plus briller, et apaiser les nuits de cette lumière d'argent.
    Vous êtes le Soleil, Monsieur ! Pourquoi ne m'irradier-vous plus de votre lumière bienveillante ? Et moi, pauvre astre, qu'ai-je fait pour vous causer autant de peine ?...»
    .
    La reine venait de se retourner vers lui avec vivacité. Le roi reçut donc ses paroles de plein fouet et écouta attentivement chacun de ses mots prononcés. Henry eut un petit temps de réflexion qui se traduisit par un silence profond. Puis, finalement, il répondit à la question de Lady Catherine ; faisant soudainement les cents pas devant elle, il répliqua d’une voix qui se voulait calme mais ferme et sincère :


    « -Certes, vous m’avez causé beaucoup de peine, Madame. Vous étiez mon soleil lors des premières années passées en votre agréable compagnie, mon soleil lorsque vous m’avez annoncé vos grossesses ainsi que mon soleil lorsque notre tendre Mary est née, mais vous avez cessé quand à vous de m’illuminer lorsque les bébés que vous m’étiez au monde étaient morts…
    Vous connaissez ma volonté d’avoir un fils héritier, or, vous semblez incapable de m’en donner un !
    Que diable Madame, cessez donc de prier la Sainte vierge pour qu’elle vous vienne en aide, car vous êtes vous-même témoin de sa non clémence à votre égard »


    Le roi avait été un peu dur et rude dans ses paroles ; mais c’était là son ressentit et sa perception des choses. En terminant son explication, Sa Majesté c’était arrêté de marché et c’était dirigé tout naturellement, un peu plus prêt de son épouse. Il la regarda intensément de son regard azur attendant une quelconque réaction de sa part.
    Puis, finalement, contre toute attente, il redevint aussi doux qu’un agneau^^. Le souverain s’approcha d’avantage de la reine et tout en prenant délicatement les deux mains de Catherine dans les siennes, il répliqua :


    « -Madame, je m’inquiète pour votre santé et votre condition actuelle.
    Je suis prêt à faire les efforts nécessaires pour vous satisfaire car je vous porte une affection certaine et je vous respecte comme un époux se le doit. Mais je vous en conjure, redevenez celle que vous étiez… »


    Oui, là n’était pas réaction très habituelle du souverain. Pourtant, Henry semblait sincère et au fond de lui, malgré ce que beaucoup pouvait penser, le roi aimait Lady Catherine ; et il savait pertinemment que si les choses avaient été différentes et que si la reine lui avait donné le fils héritier qu’il avait toujours rêvé, leur amour passionnel des premiers jours aurait surement survécu…
    Et oui, que voulez-vous, notre cher Henry VIII avait aussi ses moments de mélancolie et de douceur ; et aujourd’hui, le Roi avait visiblement envie d’arranger un temps soit peu leur relation qui semblait être si prêt du gouffre…


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MessageSujet: Re: Au Choeur du Silence [Henry - Prière de ne pas déranger] Lun 13 Juin - 17:01


La Reine voyait de l’exaspération dans le regard clair de son époux. S’il savait que lui aussi la poussait tellement à bout parfois !... De temps à autres, elle rêvait d’être un homme, et de pouvoir jouter à sa guise contre tous ceux qui l’énervaient tant… Elle voulait parfois frapper son époux ! Mais elle se rappelait alors de qui elle était, d’où elle venait, elle se rappelait sa naissance, son rang, son éducation. Tout cela contribuait à la calmer quelque peu. Mais ce qui l’insupportait le plus était le fait de constater que son mari faisait toujours le tri dans ses réponses. Par exemple, les premiers mots qu’il prononça furent : « Un havre ? Quelles sornettes Madame ! ». Il répondait à la seule chose qui n’avait pas d’importance, selon Catherine. Elle venait de lui dire qu’elle aimerait passer du temps en sa compagnie, mais il ne répondit pas à cela. Du moins, pas tout de suite. Elle exultait. Elle avait envie qu’une personne inconnue, une personne extérieure, s’approche d’eux et les secoue tous deux violemment. Ainsi, peut-être sortiraient-ils de leur torpeur pleine de morosité et de mauvaise foi. Elle ne prit pas la peine de répondre au Roi au sujet de ces « sornettes », car la réponse de son époux la laissait insatisfaite. Elle demeura ainsi opiniâtrement silencieuse, cherchant un moyen de recouvrer son calme. Elle s’était placée devant la fenêtre. Bientôt, elle sentit que son époux venait se placer juste derrière elle, et approchait ses lèvres au tracé délicat de son oreille, de sorte à pouvoir parler en murmurant.
H E N R Y – « Je passerais davantage de temps en votre compagnie si vous en passiez moins dans vos prières… Ces derniers temps, vous êtes de plus en plus absentes, vous vous enfermez dans cette chapelle des jours et des nuits. Le peuple et moi-même commençons sérieusement à nous interroger sur votre compétence à régner, vous êtes devenue le fantôme de vous-même. Où est donc passée la reine d’Angleterre d’autrefois ? Celle qui était avenante, souriante, aimable et serviable ? »
Cette fois le sang de la Reine ne fit qu’un tour. Elle perdit contenance, et répliqua d’un ton sec :
C A T H E R I N E – « Où est-elle passée ? Vous osez me poser une telle question ? Mais, voyons, de quoi m’accusez-vous ? Il y a un instant vous m’ordonniez de ne plus pleurer sur mon sort, d’être forte, et à présent vous me conseillez d’être sensible ! Qu’attendez-vous de moi ? Vos regards durs, vos regards froids de ces derniers mois m’ont convaincue que vous me désiriez plus insensible, plus forte, moins fragile. J’ai changé parce que j’ai remarqué que vous en étiez arrivé à me haïr. Lorsque j’étais douce, tendre, et que je vous suppliais de me parler, de venir auprès de moi plus souvent, lorsque je me battais pour sauver ce qu’il reste de notre couple, vous me repoussiez d’une façon toujours plus abjecte. Et à présent, monsieur, maintenant que j’ai cessé de m’enquérir de vos faits et gestes à chaque minute, maintenant que je ne vous demande plus de m’aimer, vous me demandez d’être comme avant ? Que voulez-vous, monsieur ? Je vous donnerais tout, vous le savez, je serais ce que vous voulez, si seulement vous saviez vous-mêmes ce que vous désirez ! »
Et voilà. La dernière chose que la Reine souhaitait était bien de provoquer une dispute entre eux maintenant. Mais voilà des mois qu’ils n’avaient pas parlé à cœur ouvert. Ils étaient restés silencieux à chaque instant. Maintenant, elle avait le sentiment qu’ils devaient se parler, se dire les choses qui les remuaient au plus profond d’eux-mêmes. Le Roi s’était mis à faire les cent pas. Elle avait l’impression qu’il se maîtrisait tant bien que mal, mais les paroles qu’elle venait de prononcer allait certainement lui être fatales dans les instants qui suivraient. Pour le moment, elle retenait son souffle. Mais c’était comme si le Roi ne l’avait pas écoutée, ou alors, seulement d’une oreille distraite. Le temps s’était comme arrêté, il mettait des heures à lui répondre. Il parla de Soleil, de leurs enfants, mais Catherine n’écoutait pas, elle attendait la chute avec trop d’appréhension pour supporter d’entendre son développement. Il lui dit que la Sainte Vierge ne l’aiderait pas, il lui dit qu’il s’inquiétait pour elle. Il dit qu’il souhaitait réellement la voir redevenir celle qu’elle était. Elle ne voulait pas qu’il en vienne à commenter ses précédents propos, donc, elle changea de ton, et répondit tout à fait à côté de la plaque, ou, plus précisément, elle répondit avec un peu de retard.
C A T H E R I N E – « Savez-vous que le peuple hongrois déteste sa Reine, Marie de Hongrie, qui lève toujours des impôts pour le compte de Charles Quint, et qui est une vilaine dépensière ? Et je suppose que vous n’ignorez pas qu’Eléonore de Habsbourg est tout bonnement incapable de donner des enfants à Francois I, Roi de France ? Quant à l’épouse de Charles Quint, chacun s’accorde à dire que, quoique très belle, elle est le femme la plus triste d’Espagne. Que dit le peuple à mon sujet, monsieur ? Que je suis pieuse et que j’aime mon époux. Je ne suis pas dépensière, j’ai eu six enfants même si, comme vous le soulignez et pour mon plus grand malheur, cinq d’entre eux sont morts, et, quoique discrète, je passe pour une hôtesse agréable. Je ne vous demanderai plus de m’aimer, monsieur, car je comprends votre peine et vos déceptions, puisque je les partage. Je ne puis vous demander de me pardonner, car moi-même je ne me pardonne pas. Je vous supplie simplement de ne par me haïr, car aucune femme ne souhaite être agréable à son mari autant que j’en ai envie. »
Tremblante, presque fiévreuse, elle attendit que son époux se mette en colère contre elle, car il était évident qu’il était furieux. Les paroles qu’elle venait de prononcer, même si elles étaient sincères, ne parviendraient sans doute pas à apaiser le Roi et encore moins à lui faire oublier le ton inapproprié avec lequel elle s’était adressée à lui précédemment. Au fond, sans doute espérait-elle qu’il se fâche, malgré tout. Elle avait conscience que, si maintenant il partait sans lui adresser la parole, elle en mourrait. Mieux valait qu’il la frappe, même ! Tout vaut mieux que le silence glacial et l’indifférence qu’il lui avait réservés chaque jours, depuis quelques mois.
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MessageSujet: Re: Au Choeur du Silence [Henry - Prière de ne pas déranger] Mar 14 Juin - 22:38




    Le Roi était silencieux et son regard azur resta rivé sur la chevelure noire de son épouse, la Reine d’ Angleterre. Il attendait une réaction quelconque de sa part et espérait, au fond de lui, que la réponse qu’elle allait lui fournir serait celle qu’il espérait.
    Oui, Henry avait actuellement envie d’arranger un peu les choses car ces derniers temps, il avait l’impression que tout s’effondrait autour de lui. Sa quantité importante de travail, les nombreux complots visant à le faire tomber et bien d’autres choses, avaient affaibli et Sa Majesté ressentait aujourd’hui le besoin de se raccrocher à quelque chose, à quelqu’un. Il avait besoin d’un soutient, d’une oreille attentive, de quelqu’un qui puisse le réconforter, l’aimer, le soutenir et le comprendre. En venant chercher Lady Catherine dans cette chapelle, Henry avait espéré trouver la bonne personne ; or, la réponse que la reine lui donna fut toute autre. « Où est-elle passée ? Vous osez me poser une telle question ? Mais, voyons, de quoi m’accusez-vous ? Il y a un instant vous m’ordonniez de ne plus pleurer sur mon sort, d’être forte, et à présent vous me conseillez d’être sensible ! Qu’attendez-vous de moi ? Vos regards durs, vos regards froids de ces derniers mois m’ont convaincue que vous me désiriez plus insensible, plus forte, moins fragile. J’ai changé parce que j’ai remarqué que vous en étiez arrivé à me haïr. Lorsque j’étais douce, tendre, et que je vous suppliais de me parler, de venir auprès de moi plus souvent, lorsque je me battais pour sauver ce qu’il reste de notre couple, vous me repoussiez d’une façon toujours plus abjecte. Et à présent, monsieur, maintenant que j’ai cessé de m’enquérir de vos faits et gestes à chaque minute, maintenant que je ne vous demande plus de m’aimer, vous me demandez d’être comme avant ? Que voulez-vous, monsieur ? Je vous donnerais tout, vous le savez, je serais ce que vous voulez, si seulement vous saviez vous-mêmes ce que vous désirez ! » . Henry resta bouché bé en entendant les paroles froides et directes de la Reine. Où était donc passé son épouse timide et respectueuse ? Là, elle avait littéralement perdu son sang froid et sa contenance !
    Le roi resta toutefois étrangement silencieux, encore abasourdit par le ton inapproprié employé par son épouse. Il se contenta de faire les cents pas d’une démarche rapide mais régulière, posant son regard devenu noir, posé sur le sol. Puis, finalement, après un long moment de silence, Sa Majesté prit la parole ; il s’arrêta de faire les cents pas et reporta toute son attention sur la Reine.
    Tout en s’approchant doucement vers elle, il répliqua en la fixant d’un regard profond mais ampli d’une certaine colère, car là, son orgueil et sa fierté en avait prit un coup !


    « -Ne doutez pas des sentiments que je vous porte ! Car mon affection pour vous a toujours été présente et vous le savez.
    Je suis cependant très déçu de votre réaction…Ces derniers temps, j’essai de faire des efforts à votre égard. Aujourd’hui même, je suis partit à votre recherche, et ce, malgré la fatigue importante qui me pèse sur les épaules ! Je suis exténué, fatigué et j’aurais pu m’endormir sans me soucier de vous ; or voilà, il n’en a pas été ainsi et je m’inquiète pour votre état Madame, que vous le croyez ou non !
    Je viens vous voir pour arranger un temps soit peu les choses, et voici comment vous m’accueillez ?! Vous… »


    Sa Majesté s’arrêta en plein milieu de sa phrase afin de reprendre sa respiration. En effet, plus le roi avait avancé dans l’énonciation de sa phrase, et plus le ton avait monté. Il cligna machinalement des paupières, posa une de ses mains sur le haut de son nez, afin de reprendre un peu son calme. Puis, il reprit, désormais posté à quelques millimètres du visage de lady Catherine :

    « -…Vous me critiquez, m’accusez et me blâmez de mon comportement ? Suis-je aussi détestable que cela ? Par tous les saints, quel homme attendez-vous de voir à vos côtés ?! »

    Le roi lui avait posé cette dernière question dans un éclat de voix soudain qui résonna dans toute la chapelle. Oui, là, il était en colère et ne comprenait plus rien à rien.
    Il s’éloigna alors soudainement de son épouse et tourna les talons brutalement afin de traverser la chapelle dans toute sa longueur. Il alla s’appuyer contre la porte d’entrée, afin de reprendre sa respiration et afin de se calmer. L’envie de partir de cette chapelle lui avait été forte, or, il ne le fit pas car il avait envie d’en finir une bonne fois pour toute et éclaircir un minimum l’état actuel de leur relation.
    Après de longues minutes silencieuses, le roi finit par se redresser et rejoignit d’un pas nonchalant son épouse ; toutefois, son regard restait noir et ses sourcils encore froncés par sa précédente colère. Il dévisagea Lady Catherine mais resta muet comme une carpe.
    Puis, finalement, contre toute attente, la Reine reprit la parole en changeant complètement de ton « Savez-vous que le peuple hongrois déteste sa Reine, Marie de Hongrie, qui lève toujours des impôts pour le compte de Charles Quint, et qui est une vilaine dépensière ? Et je suppose que vous n’ignorez pas qu’Eléonore de Habsbourg est tout bonnement incapable de donner des enfants à Francois I, Roi de France ? Quant à l’épouse de Charles Quint, chacun s’accorde à dire que, quoique très belle, elle est le femme la plus triste d’Espagne. Que dit le peuple à mon sujet, monsieur ? Que je suis pieuse et que j’aime mon époux. Je ne suis pas dépensière, j’ai eu six enfants même si, comme vous le soulignez et pour mon plus grand malheur, cinq d’entre eux sont morts, et, quoique discrète, je passe pour une hôtesse agréable. Je ne vous demanderai plus de m’aimer, monsieur, car je comprends votre peine et vos déceptions, puisque je les partage. Je ne puis vous demander de me pardonner, car moi-même je ne me pardonne pas. Je vous supplie simplement de ne par me haïr, car aucune femme ne souhaite être agréable à son mari autant que j’en ai envie. » .
    Le roi la regarda fixement, mais cette fois-ci, sa réponse ne se fit pas attendre, et, dans un nouvel élan de colère, il répliqua :


    « -Qu’importe ses autres femmes que vous me citez là ! Je me contre-fiche des épouses des autres rois de pays voisins …Qu’elles fassent ce que bon leur semble !
    Vous, Lady Catherine, vous êtes reine d’Angleterre et je veux que vous en soyez digne et fière ! Alors cessez immédiatement d’avoir ce comportement à la fois si réservé, apeuré mais critique et déçu à mon égard !
    Si, comme vous le dites, vous ne désirez que m’être agréable, soyez le et que Dieu vous entende !
    Car ces derniers temps, vous ne répondez en rien à vos qualités de Reine !»


    Le roi avait été très direct et il venait de prononcer ses paroles sous le coup de la colère. Pourtant, il restait très sincère avec la Reine et espérait enfin que cette dernière face des efforts et se soumette à sa volonté d’arranger un peu leur relation devenue cataclysmique.
    Son regard toujours rivé sur Lady Catherine d’Aragon, il la dévisageait de son regard azur pénétrant et si propre à sa Majesté et aux Tudors.

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MessageSujet: Re: Au Choeur du Silence [Henry - Prière de ne pas déranger] Mer 15 Juin - 16:25


Finalement, ils n’étaient pas si différents l’un de l’autre. Qu’attendaient-ils ? Un peu de soutien moral, ils voulaient que quelqu’un de fidèle soit à leur côté. Car le Roi, qui était très entouré, ne pouvait pas vraiment faire confiance à ses nombreuses maîtresses, qui voyaient en lui une couronne plus qu’un homme, et encore moins à ses conseillers, avides de pouvoir et d’élévation sociale. Quant à la Reine, très peu entourée, elle nourrissait toujours des soupçons envers ses dames de compagnie, car celles-ci étaient avantage choisies par le Roi que par elle-même. Et puis ses dames d’honneur espagnoles avaient été renvoyées par Wolsey il y a bien longtemps, tant et si bien qu’elle se sentait tout à fait seule dans un milieu hostile. Lorsque le Roi, visiblement furieux et choqué de la manière dont elle s’était précédemment adressée à lui, reprit la parole, la Reine comprit que quelque chose en lui voulait tout arranger entre eux. Le ton qu’il employa n’tait pas celui d’un homme indifférent à la sauvegarde de son couple. C’était celui d’un homme déçu qui s’apercevait, peut-être avec trop de retard, qu’il tenait malgré tout à son épouse.
H E N R Y – « Ne doutez pas des sentiments que je vous porte ! Car mon affection pour vous a toujours été présente et vous le savez. Je suis cependant très déçu de votre réaction… Ces derniers temps, j’essai de faire des efforts à votre égard. Aujourd’hui même, je suis partit à votre recherche, et ce, malgré la fatigue importante qui me pèse sur les épaules ! Je suis exténué, fatigué et j’aurais pu m’endormir sans me soucier de vous ; or voilà, il n’en a pas été ainsi et je m’inquiète pour votre état Madame, que vous le croyez ou non ! Je viens vous voir pour arranger un temps soit peu les choses, et voici comment vous m’accueillez ?! Vous… Vous me critiquez, m’accusez et me blâmez de mon comportement ? Suis-je aussi détestable que cela ? Par tous les saints, quel homme attendez-vous de voir à vos côtés ?!... Et qu’importent ces autres femmes que vous me citez là ! Je me contre-fiche des épouses des autres rois de pays voisins …Qu’elles fassent ce que bon leur semble ! Vous, Lady Catherine, vous êtes reine d’Angleterre et je veux que vous en soyez digne et fière ! Alors cessez immédiatement d’avoir ce comportement à la fois si réservé, apeuré mais critique et déçu à mon égard !
Si, comme vous le dites, vous ne désirez que m’être agréable, soyez le et que Dieu vous entende ! Car ces derniers temps, vous ne répondez en rien à vos qualités de Reine ! »
Pour dire la vérité, la Reine était extrêmement surprise des paroles du Roi. Il disait que ces derniers temps –formulation au demeurant fort vague- il avait fait des efforts. La Reine ne l’avait absolument pas remarqué. Pour elle, il n’avait jamais changé un seul instant de comportement vis-à-vis d’elle, depuis qu’elle avait perdu leur dernier enfant. Elle regardait à présent le Roi dans les yeux, dans ses beaux yeux azur animés d’un éclair furieux. Son regard à elle changea d’expression du tout au tout. A quoi bon se fâcher contre Henry ? Il avait l’air d’un enfant perdu, d’un enfant indécis. Il semblait à Catherine qu’il avait tellement peu d’expérience en ce qui concernait l’âme humaine que tâcher de lui dire pourquoi elle se sentait mal, pourquoi elle suffoquait, serait comme de vouloir expliquer à un enfant de six ans que si on tire la queue d’un chien, on ne peut pas vouloir lui faire des caresses un instant après, car le chien se venge en montrant les crocs. Catherine comprit que son époux avait l’étoffe d’un grand Roi, mais qu’il lui faudrait plus de temps pour être un grand homme. Cette idée l’apaisa. Elle n’aurait plus à se battre contre un moulin à vent, maintenant qu’elle comprenait que les sautes d’humeur de son mari étaient dans sa nature. Ce n’était pas uniquement « contre elle » qu’il dirigeait toute cette colère, somme toute.
C A T H E R I N E – « Je ne doutais pas que les sentiments que vous me portiez étaient synonymes de mépris ou d’indifférence. Je n’avais pas compris que vous cherchiez à adoucir les choses entre nous. Peut-être que je ne voulais pas m’en rendre compte, car cela m’aurait rendue encore plus coupable… Je pensais que vous me détestiez. Et j’aimais sans doute le penser car la position de martyr est toujours plus facile à adopter que n’importe quelle autre. Mais ne croyez pas non plus que je ne me sois point battue pour sauver notre couple. Nous en avons tous les deux eu la volonté, seulement, quand j’ai commencé à abandonner tout espoir, vous, vous avez décidé de faire des efforts. Ces derniers moins n’auront été qu’un ensemble d’incompréhensions et d’actes manqués, finalement… »
Elle avait prononcé cette dernière phrase d’une voix assez lointaine et emprunte d’un peu d’ironie, qu’elle se destinait à elle-même. Comment n’avait-elle pas compris que son époux désirait faire la paix ? Pourquoi ne le lui avait-il pas montré avec plus de conviction ? Mais de telles questions semblent vaines, désormais. Le passé n’a plus d’importance, il faut se concentrer sur l’avenir. A cet instant, la Reine s’autorisa de nouveau à espérer. Et cette sensation mêlée à l’idée que, peut-être, ils allaient pouvoir faire changer les choses, tous les deux, fit naître sur son visage un sourire léger, presque invisible, mais présent quand même. Un de ces sourires qu’une vive émotion peut faire apparaître, mais que la dignité de Reine empêche de rendre trop prononcé. C’était ce sourire qu’elle avait le jour de son mariage avec Henry, et le jour de la naissance de Mary. Ce sourire qui laisse espérer que tout est encore possible.
C A T H E R I N E – « Croyez-vous que nous puissions redevenir un peu complices ? Avec le temps, réussirez-vous à me parler à cœur ouvert comme avant ? Je veux bien être votre Reine, celle que vous connaissiez et qui vous faisait honneur, mais pourrez-vous alors redevenir mon mari, devant qui j’étais en adoration et pour qui je vouais un amour sans borne ? Me laisserez-vous vous aimer, Henry ? »
Catherine croisa ses petites mains blanches sur son giron, sagement, offrant ainsi une image de modestie qui lui allait à merveille. En même temps, elle essayait d’arrêter de trembler comme une feuille. Elle était traversée par des idées et des sentiments complexes d’une violence étonnante. Elle ne s’était plus sentie aussi vivante depuis ses vingt ans. Elle avait oublié que l’espoir donne le vertige et que du vertige naît la passion…
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MessageSujet: Re: Au Choeur du Silence [Henry - Prière de ne pas déranger] Jeu 16 Juin - 14:22

    Henry attendait impatiemment une quelconque réaction de son épouse, suite à tous ce qu’il venait de lui dire. Allait-elle capituler, s’adoucir, s’énerver, se rebeller ? Toutes les possibilités étaient possibles car lady Catherine avait elle aussi, malgré les apparences, un caractère fort ; le souverain mettait d’ailleurs souvent cela sur le fait qu’elle est du sang espagnol dans les veines : imprévisible et sauvage, telles étaient les femmes andalouses.
    Le roi la regardait donc fixement de son regard azur profond et n’avait pas l’intention de la lâcher du regard, tant que cette dernière ne lui aura pas adressé de nouveau la parole…
    Fort heureusement, la réaction de la Reine ne se fit pas attendre et cette dernière rompit le silence d’une voix totalement métamorphosée « Je ne doutais pas que les sentiments que vous me portiez étaient synonymes de mépris ou d’indifférence. Je n’avais pas compris que vous cherchiez à adoucir les choses entre nous. Peut-être que je ne voulais pas m’en rendre compte, car cela m’aurait rendue encore plus coupable… Je pensais que vous me détestiez. Et j’aimais sans doute le penser car la position de martyr est toujours plus facile à adopter que n’importe quelle autre. Mais ne croyez pas non plus que je ne me sois point battue pour sauver notre couple. Nous en avons tous les deux eu la volonté, seulement, quand j’ai commencé à abandonner tout espoir, vous, vous avez décidé de faire des efforts. Ces derniers moins n’auront été qu’un ensemble d’incompréhensions et d’actes manqués, finalement…».
    Visiblement, la reine s’était adoucie et avait même répondu avec une certaine ironie qu’Henry prit plutôt bien. Il afficha un petit sourire sur son visage, mais resta silencieux. La partie n’était pas encore gagnée et il espérait que la Reine allait continuer à se soumettre à sa volonté d’arranger un tant soit peu les choses entre eux.
    Le roi remarqua toutefois un petit sourire discret se dessiner et illuminer un tant soit peu le visage de lady Catherine. Il la regarda toujours intensément de son regard intransigeant, imperturbable et écouta attentivement ses nouvelles paroles «Croyez-vous que nous puissions redevenir un peu complices ? Avec le temps, réussirez-vous à me parler à cœur ouvert comme avant ? Je veux bien être votre Reine, celle que vous connaissiez et qui vous faisait honneur, mais pourrez-vous alors redevenir mon mari, devant qui j’étais en adoration et pour qui je vouais un amour sans borne ? Me laisserez-vous vous aimer, Henry ? ».
    La reine venait de parler en toute modestie et avec une pureté et une sincérité qui semblait parfaitement sincère. De plus, le roi fut assez content en entendant son prénom sortir de la bouche de son épouse ; il aimait qu’elle le nomme ainsi, en toute simplicité et intimité.
    Après un court silence, Henry répondit finalement à la Reine d’une voix qui se voulait sincère et douce :


    « Croyez-moi, Là est mon désir et ma volonté.
    Ma douce Reine, je vous fais la promesse d’essayer au mieux de vous satisfaire ; si vous me satisfaite à votre tour… »


    Le roi se trouvait désormais à quelques centimètres de lady Catherine. Il pouvait non sans mal percevoir le rythme de sa respiration qui semblait s’être accéléré sous le coup de l’émotion et de la surprise. Henry était conscient que la volonté de la Reine pour se rapprocher de lui avait toujours existé et que là était son vœu le plus cher. Le Roi lui faisait là une faveur ; dans un certain sens, il la caressait dans le sens du poil^^. Mais faisait-il finalement tout cela pour arranger de façon concrète les choses où avait-il encore un arrière pensé et agissait-il par simple intérêt et pulsion ? Nul ne le savait et seul l’avenir pourra le dire. Mais présentement, leur relation semblait s’être quelque peu améliorée et finalement, sa Majesté ressortait gagnant de cette ‘dispute’.
    Après un long silence à se regarder dans le blanc des yeux et contre toute attente, Henry posa délicatement une main sous le menton de la Reine afin de lui lever légèrement le visage et lui déposa un petit baisé sur les lèvres tremblantes de lady Catherine d’Aragon…


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MessageSujet: Re: Au Choeur du Silence [Henry - Prière de ne pas déranger] Jeu 16 Juin - 20:32


Catherine cherchait à comprendre ce qu’il se passait dans l’esprit du Roi. Il la regardait sans ciller, et son regard avait pris tantôt une expression de colère, qui s’était lentement transformée en vive curiosité. En effet, il semblait attendre qu’elle régisse, et, lorsqu’elle avait repris la parole, il avait paru un instant soulagé, comme si le simple fait d’entendre que la voix de son épouse s’était radoucie lui faisait penser qu’il avait gagné cette bataille. L’enjeu des prochains moins allait être de trouver une stratégie pour gagner la guerre, tous les deux mains dans la main. Car la Reine n’était pas dupe. Elle savait parfaitement que, se réconcilier ce soir était déjà bien, mais qu’il allait surtout falloir ne pas trop se disputer ou s’éloigner progressivement dans les temps à venir… Elle ignorait ce qui avait poussé le Roi à souhaiter faire la paix ce soir, immédiatement, par ce clair de lune humide, mais, s’ils y parvenaient, ils allaient devoir être patients l’un avec l’autre, compréhensifs, et agréables, de sorte à ne pas tout gâcher par facilité, lâchement. Car un dispute commençait très facilement, et il n’était pas difficile de rester campé sur ses positions par fierté ; ce qui demandait davantage de courage, c’était de faire un pas vers l’autre et de s’excuser pour essayer de tout arranger, même si au fond de soi on est persuadé d’avoir raison. C’est ce que la Reine venait de faire avec le Roi. Elle espérait que, si par malheur ils en venaient à se disputer de nouveau dans quelques semaines ou dans quelques mois, le Roi se rappellerait qu’aujourd’hui Catherine avait fait l’effort d’adopter son point de vue, et qu’il aurait alors la gentillesse et la présence d’esprit de comprendre le sien à ce moment là…

Ainsi, encore dans l’attente d’un dénouement heureux, Catherine attendait, un peu anxieuse, la réponse à sa dernière question. Elle avait joué cartes sur table, cette fois, et elle craignait que le Roi décide, fâché, de balayer le jeu d’un revers de main. Pourtant, il n’en fit rien, et lorsqu’il s’exprima de nouveau, ce fut d’une voix douce, tendre, avec des accents de sincérité qui touchèrent profondément la Reine.
H E N R Y – « Croyez-moi, là est mon désir et ma volonté. Ma douce Reine, je vous fais la premesse d’essayer au mieux de vous satisfaire ; si vous me satisfaites à votre tour… »
La réponse de Catherine à cette demande du Roi se passait de mots, elle se contenta d’acquiescer immédiatement, reconnaissante et pleine de bonne volonté. Elle prit de nouveau la main du Roi entre les siennes, et la porta à ses lèvres pour y déposer un baiser de gratitude et de soulagement. Bien sûr, ils allaient tous les deux devoir faire des efforts l’un envers l’autre, se réhabituer à cohabiter (au lieu de s’éviter royalement comme ils le faisaient depuis quelques temps), et, de temps à autres, se montrer quelques marques d’égard ou d’affection, que ce soit en public, pour rassurer les foules, ou en privé, pour entretenir une relation agréable.
Le Roi se rapprocha encore de son épouse, et cette dernière, au lieu de reculer comme elle l’avait fait précédemment, se laissa faire lorsqu’il posa ses doigts sous son menton pour lever délicatement son visage vers lui. Elle s’attendait à ce qu’il lui caresse la joue ou éventuellement qu’il l’embrasse sur le front, pour marquer leur réconciliation, mais elle n’avait en aucun cas imaginé qu’il déposerait un baiser sur ses lèvres. C’était un petit baiser sans insistance, relativement furtif, mais très doux, cependant. De toute façon, ils étaient dans une Chapelle, et la Reine aurait eu à rougir si le Roi l’avait embrassée avec plus d’impétuosité. Ainsi, ce premier baiser depuis plusieurs semaines lui sembla exquis et plein de tendresse. Elle estima que, si le Roi s’était permis ce geste dans un lieu saint, elle pouvait s’en permettre un autre en retour. Elle alla donc, lentement, prudemment, se blottir dans les bras de son époux, posant sa joue contre son torse (car le Roi était tout de même bien plus grand qu’elle), et passant ses bras doucement autour de sa taille à la fois fine et athlétique.
C A T H E R I N E – « Vous m’avez manqué, Henry », murmura-t-elle dans un souffle.
Elle demeura dans ses bras quelques instants de plus, profitant de cette étreinte qui l’apaisait grandement, puis se détacha légèrement de lui. Elle leva son beau regard clair vers le sien, et, inclinant légèrement la tête sur le côté, elle semblait lui demander de façon muette « Que souhaitez-vous faire, à présent ? ». Malgré le fait que la Chapelle soit un lieu de refuge, pour elle, elle venait de se souvenir que les bras de son époux étaient aussi une sorte de havre, pour elle. Elle l’avait presque oublié… Et puis, il devait vraiment être tard, désormais, et il commençait à faire froid, avec les fenêtres ouvertes et la pluie glaciale du dehors...

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